« Sans aucune contestation, c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur. » (He 7, 1-10)
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Pages: 39
Publié en2006

Cahier N°12 la joie

Thierry Andrieu
Florentin Benoit d’Entrevaux
Gaël de Bouteiller
Nerte Chaix
Patrice de La Tour du Pin
Gérard Lemaire
Gaëtan de Magneval
Geo Norge
Sabine de Sérésin
Gabrielle Simond
Gustave Thibon
Athanase Vantchev de Thracy
Paul Van Melle
Jacqueline Viltard

 

 

 

 

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La joie de vivre
Gaël de bouteiller

La joie de vivre serait de comprendre les tenants et les aboutissants, connaître l’origine d’abord, puis la voie sûre, et l’emprunter.Non seulement l’idée mais la connaissance de Dieu, sa compagnie et sa présence à venir sont la joie des perspectives eschatologiques.Chacun sait le tourment et la joie, comme une fleur doit trouver sa voie à travers des ronces épaisses et cinglantes, la couronne d’une éternité subie nous blesse. Je sanctifierais ma blessure en l’incorporant à la Croix. En m’incorporant à l’Église – Mère des Joies et Fille des Peines -, aux saisons liturgiques, je m’inclus dans un cycle tourné vers la vie. Savoir l’origine, l’identité, les fondements, pour ne pas se perdre au loin. Autour de la croix où la vie repose se dessine une immense roue. Tu nais et tu meurs, souffres et souris. La joie s’accomode du mystère de sa naissance, et je peux bien goûter à l’imperfection de l’ordre, à ma mesure, qu’importe.C’est incroyable comme le mystère de la vie est ce qu’il nous faut, comme l’ordre dépasse l’intelligence. Il me faut la résurrection de la chair, la paix pour savoir où je vais, où je ne vais pas, savoir que nous campons au pied de l’arbre de vie. L’infini mouvement, cette roue, ne serait alors qu’un point. Mourir et vivre simultanément, une respiration à la mesure du temps, n’est-ce pas ce que nous faisons malgré notre indigence ? La simplicité n’est peut-être rien d’autre que de vivre sereinement l’immensité et d’accepter quoi qu’il puisse advenir. Le soleil n’est pas encore levé il a le temps. Crépite le feu, l’eau fume, infuse, dehors il bruine. Tout passe comme si nous pouvions n’être pas : serait-ce plus léger à porter à la fin ? Que le cœur se dilate, l’œil ne s’obscurcisse et que dure l’espérance… « Votre joie, nul ne pourra vous la ravir. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16 22)